The Citroen Skate The Urban Collectif LNA FM CV20 224

Citroën repense la mobilité urbaine autonome avec l’Urban Collëctif

The Urban Collëctif, c’est le nom du rapprochement de Citroën avec le groupe hôtelier Accor et le spécialiste du mobilier urbain JCDecaux, unis tous trois pour repenser la mobilité autonome. A la clé :

  • trois propositions de solution de déplacement inédites,
  • un modèle de développement open-source pour d’autres cas d’usage encore,
  • le tout bâti sur une structure inédite de mobilité autonome : The Citroën Skate !

Ou comment la marque aux chevrons montre une nouvelle fois sa capacité à explorer de nouveaux territoires pour imaginer la mobilité du futur : on vous emmène pour une découverte -presque- statique de cette triple création.

The Citroen Skate The Urban Collectif LNA FM CV20 224

The Citroën Skate : Citroën se prend-il pour Tony Hawk ?

Réponse : pas du tout ! Le Skate en question est difficile à garder aux pieds : long de 2,60 m, large de 1,60 m et d’un poids de près de 500 kg, n’imaginez pas faire de frontside avec lui, même si vous êtes skateur chevronné. En revanche, le Citroën Skate peut aller de 5 à 25 km/h en tout électrique, avec une batterie qui se recharge automatiquement par induction à l’arrêt sur des spots de biberonnage, et est équipé de tous les capteurs, radars, lidars et caméras nécessaires pour une conduite autonome de niveau 5 !

L’ensemble roule dans tous les sens : avant, arrière, en crabe, et tourne même sur lui-même, grâce à des roues omnidirectionnelles et des pneus sphériques développés par Goodyear. Il s’agit d’une traduction réaliste, avec 8 pneus guides d’appoint, du concept de pneu Eagle 360 que le pneumaticien avait dévoilé en 2016. D’un diamètre de 51 cm, ces pneus sont aussi la hauteur où culmine le Citroën Skate, qui est par ailleurs doté de butées hydrauliques mobiles pour ne pas renier l’image de confort des chevrons.

Des chevrons dont on regardera la forme avec insistance (ils ont la forme de ceux du concept 19_19 et pas exactement celle des modèles actuels…) et qui servent de phares (couleur blanche) et de feux (couleur rouge) pour indiquer le sens de marche du Skate.

Autonome oui, mais réaliste aussi ?

Jusqu’à présent envisagée soit pour des navettes d’appoint (EasyMile, Navya, iCristal…) ou sous la forme de limousines sans chauffeur, la mobilité autonome pouvait faire rêver mais butait contre un écueil économique (ou comment rendre accessible ce qui a coûté des milliards à développer) et un écueil normatif (qui est responsable en cas d’accident). Les concepts se sont succédés chez presque tous les constructeurs, et Citroën n’a pas fait exception avec le 19_19 en 2019. Mais la traduction en série demeure, elle, assez chimérique… sauf pour Citroën qui y impose deux principes :

  • Un usage limité à des voies dédiées uniquement, en aéroport, centres commerciaux ou encore domaines privés et réservés ;
  • Une allure limitée à la sphère urbaine, pour se passer des contraintes automobiles et répondre à de nouveaux usages, presque comme un mobilier ou des capsules de vie mobiles.

Et c’est à l’aune de ces principes qu’il faut regarder les projets de The Urban Collëctif, dont les premiers fruits sont les trois “pods” mobiles créés par Citroën avec Accor et JCDecaux. Ces “pods”, ainsi qu’ils sont appelés, sont des structures interchangeables amenées à être embarquées par le Citroën Skate pour leurs déplacements.

Ainsi, une dernière inconnue de l’équation est solutionnée : le coût. Afin de rentabiliser une technologie électrique et autonome, Citroën estime que la rendre partageable au maximum de cette manière permet d’éviter l’écueil de l’automobile individuelle, à l’arrêt 95 % du temps en moyenne, et donc de maximiser l’usage et le retour sur investissement du Skate.

S’il s’agit de démonstrateurs technologiques et aucunement de modèles prêts à être mis sur le marché, Citroën y voit une traduction commerciale possible dans les prochaines années. C’est pourquoi l’ensemble du modèle est open-source pour que se positionnent d’autres acteurs encore au sein de Citroën Autonomous Mobility Vision, le nom donné à ce modèle open-source.

Le Citroën Skate en mouvement :

JCDecaux City Provider : le petit-fils caché des autobus à plateforme !

Vous êtes nostalgiques des célèbres Saviem SC10 UPF à plateforme, qui faisaient le charme du voyage en bus à Paris jusqu’en 2002 ? Alors regardez bien la proposition portée par JCDecaux : elle se remarque à sa teinte bicolore et à sa forme ouverte sans porte, afin de garantir un accès aisé aux personnes à mobilité réduite.

Des zones tactiles en braille sont également installées, de même que des écrans d’information… ou de publicité, tout se rentabilise. On retrouve le langage formel des abribus installés notamment à Paris, avec des formes arrondies, et un banc d’assise qui dissimule aussi les zones techniques électriques. Notez la jardinière en toiture, comme certains abribus aussi.

Cinq personnes peuvent s’installer à bord, recharger leur téléphone, recevoir des informations par les écrans, s’abriter de la pluie dans la cellule vitrée ou profiter de l’air extérieur dans la zone ouverte.

Lassé d’un déplacement en JCDecaux ? Laissez 10 secondes au Skate Citroën pour se désarimer et poser le pod au sol avant de se connecter aux deux autres modèles, imaginés par Accor.

Sofitel en Voyage : le salon privé mobile

Deux marques du groupe Accor ont élaboré des pods : Sofitel et Pullman. La première mise sur ses codes de luxe et de confort pour proposer un salon mobile. Les matériaux sont à l’avenant : marqueterie pour la “carrosserie”, larges portes vitrées à ouverture coulissante et motorisée, parfum d’ambiance et même bar à champagne avec ouverture également électrique !

L’ensemble accueille entre 2 et 3 personnes maximum pour discuter, se déplacer à petite vitesse en ville ou encore des réunions de travail. Une tablette permet d’être en contact avec un concierge tandis que le pod informe ses voyageurs des conditions extérieures. En somme, c’est comme si le métro était devenu privé et luxueux !

Pullman Power Fitness : à la croisée des mondes

On en convient, le clin d’œil littéraire avec le cycle de Philip Pullman était facile… Il n’en reste pas moins que ce nom sonne aux oreilles des passionnés de mobilités : les voitures Pullman de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits (l’Orient-Express, notamment) ne sont-elles pas toujours dans les esprits ? En Grèce et en Italie, Pullman désigne même des autocars ! Mais ici, c’est tout autre chose : une véritable salle de sport mobile !

Sous des dehors de sous-marin sorti des eaux, le Pullman Power Fitness répond au positionnement de la chaîne Pullman, celle de proposer des hôtels de remise en forme. A bord, derrière l’unique porte largement cintrée, et sous un jalousie dont la teinte est directement reprise du concept-car 19_19, deux sièges pour une seule et unique personne sont prévus : l’un pour un rameur, l’autre pour un vélo ! Le tout est piloté par smartphone qui fixe le programme et les réglages des appareils, qui récupèrent l’énergie dépensée par le sportif pour la fournir aux batteries !

On pourrait ironiser et dire que l’on est à deux doigts d’imaginer le vélocipède… mais ce serait trop facile car derrière l’originalité du sujet, il y a une réalité sociologique : l’individualisme, qui voit chacune et chacun exploiter au maximum son temps disponible et se forger un corps idéal. Que ce soit par plaisir personnel ou par injonction, reste que les journées n’ont que 24 heures alors, pourquoi ne pas utiliser un temps de déplacement a priori “perdu” (dans les transports en commun ou au volant) pour se muscler ?

Certains diront qu’enfourcher un vélo suffira, d’autres riront de voir des pistes cyclables vides par temps de pluie, et en attendant chacun aura donné son avis… forcément personnel. Reste que l’on risque quand même, malgré le moucharabieh de lignes colorées, de passer pour une souris de laboratoire à bord !

Le Citroën Autonomous Mobility Vision : de l’open-source et de la créativité

Pour étendre les possibilités d’exploitation de son Skate et imaginer des services sur-mesure, Citroën a pensé son système de façon open-source. Chaque créateur de pod peut venir se poser sur le Skate et être transporté, à condition que les points d’ancrage soient respectés. Et cela peut intéresser, de la marque de services jusqu’aux collectivités locales, pour de la logistique dernier kilomètre ou du transport à la demande.

Citroën a déjà anticipé plusieurs usages : boutique mobile, cabinet de consultation, salle de jeu en réalité virtuelle, ou encore véhicule de livraison et pressing autonome… Les designers des chevrons se sont prêté au jeu avec des visuels, certes virtuels, mais rafraichissants. C’est peut-être la première fois qu’il est donné à une marque automobile de dessiner un lavomatique sur roues… et rien que pour cela, ce projet inspire la sympathie par son ouverture et sa créativité.

Si nous avons pu voir se déplacer le Citroën Skate sur quelques mètres, on a hâte de le voir parcourir plus de distance… voire de monter à bord ! Avant cela, nous vous proposerons dans les prochains jours plusieurs interviews avec les designers et responsables produits de Citroën, Goodyear et JCDecaux pour mieux comprendre les logiques qui les ont animé durant ce projet.

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