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L’année 2020 vue par Le Nouvel Automobiliste

Le Nouvel AUtomobiliste

2020 : une année inoubliable à bien des égards. On ne vous fera pas l’affront de vous parler de virus ici, on parie sur le fait que vous êtes au courant. Alors évoquons plutôt ce qui nous fait tous vibrer (non, pas ce vieux Diesel des années 80…) : notre passion commune pour l’automobile et ce qui s’y rapporte. Afin de conclure cette année pour le moins exceptionnelle, notre équipe se propose de vous parler des voitures qui ont retenu notre attention et de vous en expliquer les raisons. C’est enfin pour nous l’occasion de vous souhaiter le meilleur pour l’année à venir et de vous exprimer notre gratitude pour votre fidélité et votre bonne humeur. Que ce soit sur le site Internet ou sur nos pages sociales (Facebook, YouTube, LinkedIn, Twitter et Instagram), c’est un véritable plaisir de partager avec vous notre passion.

Célia – Volvo P1800 Cyan Racing

De mon point de vue, nous avons encore besoin de sociétés ambitieuses et créatives pour présenter des créations intéressantes rendant hommage au glorieux passé automobile qui nous précède tout en offrant une optimisation de pointe et un agrément de conduite sportive. Ce projet en est l’une des illustrations les plus récentes et réussies. A mon sens, le restomod/pro-touring est l’un des domaines qui va permettre de maintenir l’intérêt pour les véhicules de collection auprès des personnes dont le charme désuet de nos anciennes ne fera écho que partiellement. C’est un univers qui offre de surcroît des possibilités créatives infinies tant pour les ingénieurs que pour les designers !

Adrien – Nissan Ariya

Si l’on m’avait dit que pour cet article de fin d’année, j’allais choisir un SUV… Je ne l’aurais peut-être pas cru, tant nous sommes proches de l’indigestion ! Et pourtant : le Nissan Ariya est différent, à plusieurs égards selon moi. Tout d’abord, esthétiquement : il a été pensé dès sa conception comme un véhicule 100 % électrique et cela se répercute sur son design. Capot court, empattement long, roues énormes : il offre des proportions inédites, proches d’un concept-car et change ainsi des autres SUV. Il a par ailleurs un côté très “lisse” et “futuriste” (également à l’intérieur), que j’apprécie beaucoup.

Techniquement, ensuite, il arrive avec de réels arguments : une autonomie maximale de 500 km et une véritable gamme de puissance, allant de 218 à 394 ch. Le temps où un modèle électrique n’existait qu’avec un seul moteur et une seule capacité de batterie semble révolu ! En ce sens, enfin, le Nissan Ariya reflète le tournant que prend actuellement le marché automobile, dans lequel les véhicules électriques ne sont plus destinés à jouer les seconds rôles. Espérons à présent que le réseau de bornes de recharge se développe aussi rapidement que les gammes des constructeurs, et que l’on se rapproche de l’objectif de 100 000 points de recharge fixé par le Gouvernement à fin 2021 !

Christian – BMW Série 4

Je sens déjà la critique arriver avec ses énormes naseaux qui viennent défigurer la face avant de ce coupé. Mais je vais vous expliquer mon choix. A mon sens, BMW a largement cassé son affiliation avec sa sœur, la BMW Série 3 dont elle reprend la plate-forme. Et c’est tant mieux. Quand on est un constructeur (et qui plus est un premium), il faut de temps en temps bousculer les codes. Lorsque que l’on achète ce type de véhicule, on veut surtout se montrer et cette BMW Série 4 le prouve. Et pour l’avoir vu en vrai, je vous dirais même que ces naseaux ne sont pas si immenses que les photos le suggèrent. Après je peux comprendre que cela choque beaucoup de personnes et puis ne dit-on pas que tous les goûts sont dans la nature. En tout cas, ses impressionnantes entrées d’air ont fait couler beaucoup d’encre à son sujet. Outre cela, le profil du coupé est bien proportionné et les lignes sont parfaitement équilibrées. On retrouve l’esprit des BMW d’antan. Personnellement, je la trouve sublime et puis c’est tout. N’oubliez pas que BMW sait faire parler de lui comme par exemple, l’apparition de la BMW Série 7 de Chris Bangle…

Eddy – Maserati MC20

Elle nous a fait de l’œil longtemps, a contraint la prestigieuse marque de Modène amputée, un peu à son corps défendant, d’un cœur « maranellien » à relever des défis techniques – plongeant dans les profondeurs des abimes pour en sortir le V6 Nettuno – n’a pas hésité à mettre les doigts là où d’autres ne les auraient pas mis, a été contrainte de repousser sa présentation initialement prévue le 20-02-20 (si jamais l’année comptait 20 mois il nous aurait sans doute fallu attendre 8 mois supplémentaires), à septembre dernier mais peu importe, une nouvelle Maserati est née et cela faisait 4 ans que cela n’avait pas eu lieu.

MC20 pour Maserati Corsa 2020, tout un programme ! Et d’entrée de jeu un programme fortement décrié. Un style passe-partout, des inspirations allemande (Porsche), britannique (Jaguar) voire française (Alpine), une présentation intérieure pas forcément valorisante, flanquée d’une tablette posée à l’arrache et d’un volant d’Alfa Romeo, 630 ch « seulement » le tout proposé à un tarif plus salé que ses concurrentes directes. De quoi immédiatement s’inquiéter pour l’avenir. Et pourtant, après un petit temps de recul, qu’il m’a fallu moi aussi passer, je le dis haut et fort : “que cette voiture est belle !” Ses lignes sont remarquablement pures, se passant d’artifices vulgaires censés garantir la sportivité (et le m’as-tu-vu), son cockpit d’une grande simplicité permet de n’avoir que la conduite en tête et, malgré des données techniques “modestes” quand on entre dans le monde des supercars, les performances alléchantes et le poids contenu annoncés laissent penser que le conducteur de cette voiture n’éprouvera pas du plaisir qu’en ligne droite.

Voila pourquoi, même si je ne suis pas un mordu absolu des voitures de sport, que je n’ai pas les compétences d’un pilote et que j’éprouve tout autant de plaisir à découvrir et conduire une mini-citadine, un SUV hybride ou une sage berline, l’idée de me glisser dans cette Maserati un jour ou l’autre m’émoustille et me met des étoiles plein les yeux… Et en plus, elle existera aussi bientôt en découvrable et même en électrique ! De quoi satisfaire tout le monde, et c’est tant mieux.

Eric – Citroën C3 restylée

Mon coup de cœur de l’année 2020 ? La Citroën C3 restylée (essayée ici). Quel drôle de choix, me direz-vous : un simple facelift d’une voiture, certes très populaire (c’est la Citroën la plus vendue dans le monde) mais sur une base technique en fin de vie. Une nouveauté attendue mais sans grande innovation en ces temps d’électrification ou de conduite semi-autonome. Mais voilà, cette petite voiture occupe une place toute particulière dans mon cœur : dans une vie parallèle, j’ai eu le privilège de lui donner vie avec une équipe dynamique et compétente. Une très belle aventure aussi bien professionnelle que personnelle. Conduire un projet automobile est une chose délicieuse et bien que le secteur soit en difficulté, je reste marqué par le savoir-faire de l’ingénierie en France, comme en Slovaquie, des métiers et une industrie qu’il faut impérativement préserver. A bon entendeur alors que la classe politique est souvent tentée par les sirènes du populisme « écolo » (j’insiste pour les guillemets) et par d’autres sirènes : celles de la fiscalité et des régulations sans empathie pour les moyens et les besoins de la clientèle. Et c’est aussi une réflexion qui s’impose pour les groupes industriels français : veulent-ils encore d’une ingénierie forte dans l’Hexagone ? Car les faits sont là : malgré les aides du gouvernement, la conception de la future entrée de gamme de Citroën (également destinée à l’usine de Trnava en Europe) sera réalisée… en Inde. C’est un secret de polichinelle dont l’Usine Nouvelle ou Marianne se sont déjà fait l’écho. Alors que la production automobile française est lourdement impactée par la crise du Covid-19 (en plus de celle des subprimes de 2008 dont elle ne s’est pas complètement relevée), il faut aussi désormais voir un autre problème en face : la mise à mal de l’ingénierie française avec la concurrence du Maroc et de l’Inde. Aux industriels et aux politiciens de savoir ce qu’ils souhaitent pour l’avenir du pays. En attendant, cette petite C3 restylée a fait travailler de nombreux corps de métiers en France et en Slovaquie, tout comme elle permet au réseau Citroën de satisfaire une clientèle qui souhaite une voiture confortable pas trop compliquée et personnalisable à l’envi. Contrat rempli pour la nouvelle citadine des Chevrons.

Fabien – Porsche Taycan

Trop c’est trop, il y a une saturation des SUV. Rendez-nous nos berlines routières ! Celles dont les silhouettes faisaient tourner les têtes, telles les BMW Série 6 F06 ou encore VW Passat CC. Bref, des silhouettes au style audacieux mais iconique aujourd’hui, bien loin des designs patauds qui pullulent sur nos routes. Mais il faut aussi vivre avec son temps et l’évolution des mœurs. Et à ce petit jeu, Porsche à su tirer son épingle en proposant la Taycan.

Car tous les ingrédients sont là pour en faire un véhicule emblématique, à commencer par un style en rupture avec le reste de la gamme, tout en conservant les gimmicks de celle-ci. A l’extérieur, c’est fluide, racé et reconnaissable au 1er coup d’œil tandis qu’à l’intérieur c’est technologique avec ses 4 écrans, tout en faisant écho au passé avec la disposition des compteurs.

Les performances comme le plaisir de conduire sont tout aussi présents, avec une Porsche incisive sur la route tout en restant confortable. Alors oui, l’autonomie réelle est plus proche des 300 km que des 450 annoncés. Oui, cela fait pâle figure par rapport à une Tesla Model S mais c’est uniquement sur ce point que la marque peut apprendre de son rival. Pour le reste, on retrouve une voiture à la qualité premium et à la pointe de la technologie tout en adoptant un véritable comportement de sportive, si besoin.

Bref, si les autres marques pouvaient en prendre de la graine, à commencer par BMW qui s’est complètement perdue sur ses dernières productions, le plaisir de conduire et d’admirer seront peut-être enfin retrouvés.

François – Citroën C4

Après une année du Centenaire riche en événements, Citroën a présenté deux nouveautés loin d’être anodines en 2020. L’Ami bien sûr, déjà évoquée ci-dessus par Thibaut et que nous avons été parmi les premiers à essayer dans la torpeur de l’été, et n’en déplaise à Eric, non pas la C3 restylée mais bien la nouvelle C4. Car une fois de plus, Citroën sort des sentiers battus, et prend à revers le marché n°1 en Europe des compactes pour mieux tenter de le conquérir. Et cette façon de faire, cette façon de penser différemment comme le postulait Apple, il n’y a que les chevrons pour l’incarner dans l’automobile.

La C4 entrera-t-elle autant dans l’histoire que les DS, 2 CV ou Traction ? Peut-être pas, il faut dire que la concurrence mémorielle est féroce. Mais à n’en pas douter, elle tire son épingle du jeu d’équations économiques plus que complexes, Citroën de parvenir à créer une vraie compacte (4,34 m), qui prenne en compte le désir de silhouettes hautes (visibilité, style), l’espace à bord, l’ajout d’une offre électrique rendue nécessaire pour les CAFE sans être inaccessible en tarif, le tout dans une silhouette reconnaissable aisément. Et si cette C4 fait débat, surtout chez les fans de la marque, c’est bien la preuve que c’est une vraie Citroën, fidèle à sa réputation, pour peu qu’il n’y ait jamais eu de “fausses voitures” dans l’histoire des chevrons.

Guillaume – Dacia Sandero

Vais-je vous parler de l’Ami? J’en avais très envie mais Thibaut l’a très bien fait. Une idée nous réunit pourtant cette année, c’est la simplicité. Pour la première fois cette année en effet, j’ai roulé en Dacia ! Et plutôt deux fois qu’une : le Duster en version GPL et la toute nouvelle Sandero. Et que ça fait du bien la simplicité. Et s’il est facile de trouver quelques défauts au Duster, ce n’est plus le cas de la Sandero. C’est pour moi la voiture de l’année, et ça tombe bien, elle est toujours en lice pour le titre de la voiture de l’année 2021 !

Jacques – Honda Jazz

Être retardataire n’a pas que des désavantages. Au moment où j’écris ces lignes, plusieurs des véhicules auxquels j’avais pensé, me remémorant l’année automobile 2020, ont été choisis. Tant mieux : mon choix n’en sera que plus exotique, et mettra en lumière une auto qui gagnerait à être plus connue.

Le fait d’avoir jeté mon dévolu sur la Honda Jazz ne doit pas vous faire penser, du moins je l’espère, que j’ai des goûts esthétiques plus douteux que les autres rédacteurs du Nouvel Automobiliste. Beaucoup s’accorderont pour dire – et j’en suis – que la Jazz n’est pas la voiture la plus marquante de l’année par son design. Pourtant, alors même que je n’avais pas porté beaucoup de considération au modèle jusque-là, en prendre le volant le temps d’un week-end m’a permis de découvrir une auto littéralement pétrie de qualités : lumineuse, agréable à conduire, et surtout incroyablement frugale. Le tout, pour un tarif qui demeure raisonnable.

En fait, la Jazz est un peu la démonstration à elle seule que le plaisir automobile plus respectueux de l’environnement, à défaut de pouvoir se conjuguer à toutes les bourses, peut néanmoins se démocratiser plus largement que ce que les tarifs de grandes voitures électriques pourraient laisser présager. Par extension et en conséquence, je me réjouis de notre capacité sur le site à essayer des voitures thermiques, hybrides, hybrides rechargeables, électriques et à hydrogène sans a priori, de la moins chère à la plus dispendieuse, et j’espère que nous pourrons continuer de le faire avec vous l’année prochaine !

Nicolas – Nouvelle Fiat 500 e

Que ce soit pour son design rétro, ses coloris originaux ou ses qualités techniques avec une batterie d’une densité énergétique intéressante, cette Fiat 500 e est remarquable en tous points. Elle est, qui plus est, plutôt cohérente dans son rapport prestation/prix. Comme la première 500 en son temps, elle porte aussi les espoirs d’un renouveau économique pour Fiat. Cette nouvelle 500 risque de changer le paysage automobile du quotidien de tous les citadins, mais aussi leur environnement sonore voire olfactif. En bref, une auto qui a tout pour plaire et pourrait si c’est le cas, envahir nos rues. D’ici là, retrouvez-la en 2D dans notre essai Fiat 500 e !

Romain – Peugeot LMH

Un choix quelque peu “différent”, puisqu’au fond on ne connait pas encore grand chose de cette auto, même si son existence a été officiellement annoncée début septembre. Il y a quelques jours, nous découvrions ensuite ses entrailles mécaniques : un V6 bi-turbo secondé par un bloc électrique, le tout pour une puissance combinée de 500 kW (680 ch) et 4 roues motrices, voila de quoi attirer notre curiosité et espérer une belle bataille sur le Circuit de la Sarthe… en 2023. Certes, il va falloir attendre encore un peu avant de découvrir en action ce nouveau proto d’endurance du Lion, mais on ne peut que se réjouir du retour de la marque en WEC, d’autant que d’autres constructeurs ont également fait part de leur intention de re-rejoindre le championnat dans les prochaines saisons. Porsche, Alpine, Peugeot donc, et peut-être même Audi : voila de quoi donner fort à faire à Toyota qui continuera l’aventure du WEC également ! De là à rêver d’une nouvelle victoire française au classement général des 24 Heures du Mans, après celle de la 908 en 2009, il n’y a qu’un pas !

Romuald – Nouvelle Fiat 500 e

Pour clôturer cette deuxième décennie et mettre le cap sur l’avenir Fiat a frappé fort en commercialisant une auto qui est peut-être LA voiture de l’année. Fiat a démocratisé l’automobile individuelle au 20e siècle, et Fiat est à présent sur le point de démocratiser l’automobile électrique au 21e siècle en assumant un choix technologique marquant pour une voiture emblématique. De plus, Fiat n’a pas “simplement” sorti un modèle électrique pour suivre la tendance du marché. Non, Fiat a mis au point une excellente voiture urbaine avec l’un des meilleurs positionnement prix/performance qui surpasse absolument tous ses concurrents. Pas de doute, la Fiat 500 e est prête pour les 10 prochaines années. Là où certains constructeurs n’oseraient pas trop transformer leur modèle de référence, le fabricant turinois envoie un remarquable message pour le futur de la mobilité sans pour autant renier son histoire, sa culture et le charme ancestral de la 500. Le tout en produisant sa star automobile nationale… en Italie. Bravo Fiat !

Thibaut – Citroën Ami

Ami. Un mot qui veut tout dire : le véhicule individuel est notre ami, il est là quand on en a besoin et nous accompagne au gré de nos envies. Un bon rappel en ce moment. Pourtant, malgré son nom, la Citroën Ami est raillée, critiquée pour son design parfaitement symétrique aux antipodes de l’image virile du véhicule ostentatoire. Cela me fend le cœur… Alors je tenais à faire un rappel : c’est un quadricyle, non une automobile, alors pourquoi y voir une déchéance face aux glorieuses Citroën d’antan ? Je maintiens qu’au delà de ses petits clins d’œil à la 2CV, l’Ami est sa digne descendante : elle est conçue selon un cahier des charges précis, et pourtant pour une clientèle très large (dès 14 ans), purement urbaine. A contre-courant de nos voitures actuelles qui doivent savoir tout faire !
Alors malgré près de 30 essais pour le site cette année, dont des voitures sportives (Jaguar F-Type, Toyota Supra), légendaires (Land Rover Defender), chères (DS 7 Crossback, Jaguar F-PACE, Mercedes-Benz EQV) et de chouettes voyages (celui pour tester les Peugeot 508 Hybrid, 3008 Hybrid4 et e-2008 a failli ne pas aboutir tant la tempête Gloria causait de turbulences dans l’avion…), le plus attendu et le plus excitant était sans doute celui de ce petit bout de batterie plastifiée à 6 000 euros. A ceux qui en concluront que je suis tordu, je répondrai simplement que ma conception de la passion automobile est compatible à la nouveauté et à l’ouverture d’esprit !

Photos : Cyan Racing, BMW, Porsche, Peugeot, Le Nouvel Automobiliste

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