Essai Ford Pumat ST 200ch BV6 Green Mean Face avant 2

Essai Ford Puma ST 200 ch : les temps changent

On prend un coup de vieux pour tout et rien. Car dans nos souvenirs, le Ford Puma était un coupé 3 portes des années 1990/2000. Lorsque Ford a présenté le nouveau Puma l’année dernière, nous étions un peu déçus en voyant ce patronyme apposé sur énième SUV. Mais bon, il faut vivre avec son temps et reconnaître aussi que celui-ci à su nous séduire par son design ainsi que par ses aspects pratiques. Fallait-il pour autant pousser jusqu’à développer un variante sportive ? Apparemment, Ford y voit un véritable intérêt. Le Puma ST est-il à la hauteur des espoirs portés par la firme à l’ovale bleu ? C’est ce que nous allons voir avec une prise en main mêlant route et circuit d’essai.

Essai Ford Pumat ST 200ch BV6 Green Mean Face avant 3

Le ramage à la hauteur du plumage

Bienvenue à Mortefontaine ! Son air (bigrement) frais, ses forêts et… c’est à peu près tout, exception faite du complexe UTAC-CERAM qui se retrouve caché au beau milieu des arbres. Parmi les essais et mises au point qui y sont pratiquées, se trouve ceux du nouveau Puma ST.

Un 1er regard sur le bestiau et on constate que Ford à repris la bonne base du Puma pour y ajouter différents éléments spécifiques. À commencer par une calandre agrémentée d’un spoiler avant ainsi que du logo ST, des extensions d’ailes pour le bodybuilder, des bas de caisse et enfin un diffuseur arrière spécifiques.

Essai Ford Pumat ST 200ch BV6 Green Mean Face avant face arriere

À cela s’ajoutent des jantes 19 pouces du plus bel effet et une finition noir brillant sur le toit, les coques de rétroviseurs et le contour de calandre. Et histoire de le distinguer un peu plus du modèle de série, nous avons cette teinte flashy nommée Green Mean (facturée 1 250 euros, ouch !) parmi les 8 proposées. Autant sur les photos, il se regarde, autant en vrai (et pour parler d’jeuns), il claque !

Bien évidemment il y a aussi ce qui ne se voit pas. Le constructeur américain a apporté des modifications sous cette robe et il n’est pas parti d’un feuille blanche étant donné que le Puma ST partage sa base avec la Fiesta ST (que nous avions adorée lors de notre essai).

Pour transformer la version de série en outil affûté sur la route, les ingénieurs de chez Ford on également effectué quelques améliorations. À commencer par le diamètre des disques de freins qui a été augmenté de 17 % pour atteindre 325 mm ainsi que l’effet de torsion de la suspension arrière, augmentée pour sa part de plus de 40 % par rapport à la Fiesta ST. Mais ce petit félin sportif réserve quelques surprises supplémentaires que nous évoquerons par la suite.

Essai Ford Pumat ST 200ch BV6 Green Mean Jantes 19 pouces

À l’intérieur, les touches de sportivité sont bien présentes. Avec les sièges baquets Recaro, le volant à méplat ou encore le pommeau de levier ST et le pédalier en aluminium : simple et classique mais efficace. Attention toutefois au moment de vous installer, le maintien au niveau des cuisses complique légèrement l’accès à bord, typique des variantes sportives mais probablement de bon augure quant à la qualité de votre assise dès que le rythme s’accélérera.

La position de conduite est bonne d’autant que les différents réglages de sièges permettent de la trouver idéalement. Le volant à méplat offre une bonne prise en main avec une jante bien épaisse.

Essai Ford Pumat ST 200ch BV6 Green Mean Volant logo ST

Côté technologies, le Puma ST reprend les équipements de pointe des versions civilisées avec le régulateur de vitesse adaptatif, la surveillance des angles morts ou encore la prévention de collisions de niveau 2 (se basant sur les données envoyées par les autres véhicules).

L’espace à bord reste inchangé avec des rangements disséminés ici ou là dans le petit accoudoir central ou encore en bas de console centrale, incluant la recharge sans fil.

Essai Ford Pumat ST 200ch BV6 Green Mean Planche de bord 2

À l’arrière comme au niveau coffre, rien n’a changé. Le Puma ST peut emmener 2 passagers et dispose toujours d’un important volume de coffre de 456 l avec en prime la megabox ajoutant jusqu’à 80 l d’espace supplémentaire. Le Puma ST ne sombre ni dans la démesure ni dans le radical et à ce petit jeu, il est le seul sur son segment.

Essai Ford Pumat ST 200ch BV6 Green Mean Megabox coffre

Sur la route : il montre les crocs

La température extérieure proche de 5 degrés incite à aller directement se confiner dans ce Puma ST. Ce dernier sait d’ailleurs accueillir son conducteur, en disposant de sièges Recaro ainsi que du volant chauffant.

Mais place au plus important, le cœur du Puma ST. Il reprend la base du moteur de la Fiesta ST, à savoir un 3 cylindres 1.5 développant 200 ch, mais les ingénieurs de Ford ont toutefois modifié sa cartographie pour y ajouter 30 Nm de couple supplémentaires (soit 320 Nm au total).

Essai Ford Pumat ST 200ch BV6 Green Mean Bloc moteur 1.5 3 cylindres

Contact mis, ce dernier développe un son rauque toujours aussi envoutant, grâce à un système d’échappement actif. Un départ en trombe plus loin et nous voilà déjà propulsés à des vitesses inavouables. Il faut dire que ce 3 cylindres turbo se montre plein comme un œuf et ce jusqu’à jusqu’à 5000 tours. En bref, on devient vite accro.

Essai Ford Pumat ST 200ch BV6 Green Mean Compteurs mode Sport

Associé uniquement à une boîte manuelle à 6 rapports, cette dernière se montre bien guidée et étagée, permettant de tirer pleine satisfaction des performances moteurs. On enchaîne les rapports et on jubile à l’idée de pousser ce bloc dans les tours. Histoire de chipoter, la prise en main du pommeau n’est cependant pas aussi ergonomique que sur d’autres modèles.

Essai Ford Pumat ST 200ch BV6 Green Mean Boite vitesse 6 rapports

Mais si les performances sont au rendez-vous, l’amortissement déçoit. Car oui, le point sensible de ce Puma ST est son confort de suspension, malgré des amortisseurs bi-tubes censés améliorer ce qui faisait défaut au Puma de base (voir notre essai de la version 155 ch). La performance au détriment du confort est une recette bien connue mais si cela peut passer sur une petite sportive comme la Fiesta ST, sur un véhicule un peu plus typé famille, c’est plus difficilement concevable. On ressent toutes les aspérités de la route à basse vitesse tandis qu’à haute vitesse, c’est tout le contraire.

En effet, lorsque l’on arpente des routes de campagnes avec relief, cette suspension tend à produire un effet marshmallow semblable à des suspensions pilotées, réglées en mode confort. Du coup, double problème : c’est désagréable à haute vitesse et le Puma ST ne permet pas de régler ces dernières.

Essai Ford Pumat ST 200ch BV6 Green Mean Sur circuit 5

Si la version de base du Puma ST devrait convenir au client lambda, Ford a tout de même pensé à ceux qui sont à la recherche de performances. En option à 1 100 euros, un pack est ainsi proposé, incluant un différentiel à glissement limité d’origine Quaife ainsi que le launch control.

Parmi les 4 modes de conduite proposés (Eco, Confort, Sport et Circuit), seul le dernier permet de se passer de certaines aides à la conduite. Mais, compte tenu des conditions d’essais, nous n’étions pas autorisés à mettre le Puma ST en mode circuit qui désactive le contrôle de traction ainsi que les interventions de l’ESP.

Essai Ford Pumat ST 200ch BV6 Green Mean Compteur mode circuit

Déjà plébiscités pour la mise au point des châssis, les ingénieurs de chez Ford démontrent encore leur savoir faire, avec un train avant se plaçant exactement là où on le souhaite. Mais le plus jouissif vient du train arrière qui ne joue pas les traitres et se place de manière progressive à chaque virage.

Essai Ford Pumat ST 200ch BV6 Green Mean Sur circuit

La direction, bien que plus sensible par rapport au Puma standard (+25 % ) s’appréhende sans difficulté et ne vient pas perturber la conduite.

Les freins de 325 mm offre un bon mordant et assez d’endurance pour s’engager dans une série de virages, tandis que l’autobloquant est bien là pour faire passer toute la cavalerie au sol et vous faire repartir comme une balle. Mine de rien, on se surprend très vite à avoir la banane tant ce Puma se montre agile et plaisant sur circuit (le constat étant plus nuancé sur route).

Essai Ford Pumat ST 200ch BV6 Green Mean Sur circuit 3

Reste qu’à vouloir se faire plaisir sur route puis sur circuit, la consommation s’est enflammée avec une moyenne de 9 l/100 dans le premier cas d’utilisation puis 11,2 l/100 dans le second. Si Ford annonce une consommation moyenne de 6 l/100, tablez plutôt sur du 8 l/100 en utilisation urbaine et quotidienne afin de revenir sur des chiffres dans la moyenne, pour une telle puissance.

La fortune sourit aux audacieux

C’est bien simple, le Puma ST est aujourd’hui précurseur de sa catégorie. La concurrence directe se contente de ne proposer que 150 ch au maximum. Assez pour se mouvoir en ville et sur autoroute mais ciblant uniquement une clientèle peu audacieuse en sensations. Sauf que le constructeur américain voit en son Puma, une cible plus jeune et potentiellement demandeuse de performances sans pour autant sacrifier les aspects pratiques.

Essai Ford Pumat ST 200ch BV6 Green Mean Face avant

Il n’y a donc guère que le Volkswagen T-Roc R, qui adopte une philosophie s’approchant à celle de notre Ford, mais le SUV allemand boxe dans la catégorie supérieure avec 300 ch, 4 roues motrices et un tarif d’un tout autre acabit.

VW T ROC R 17

Ceux du Puma ST démarrent à 33 650 euros (+ 6 900 euros par rapport à une Fiesta ST) auxquels il faut ajouter 983 euros de malus. Ce dernier est bien équipé de base avec le système audio B&O, le système multimédia SYNC3, le régulateur de vitesse intelligent ou encore la reconnaissance des panneaux et le système de prévention des collisions.

Peu d’options sont proposées mais on relèvera quand même quelques incontournables comme le toit ouvrant (1 000 euros) ou encore l’ouverture électrique du hayon (400 euros).

Deux packs sont également proposés et orientés performances (avec le différentiel à glissement limité et le launch control), à 1 100 euros ou orientés sécurité (stationnement semi-auto, surveillance des angles morts et caméra de recul) à 1 000 euros.

Compte tenu du prix de base, il est dommage que les équipements aussi basiques tels que la caméra de recul et la surveillance des angles morts ne soient pas de série. Reste que faute de concurrence, la stratégie de Ford sera plus payante dans ce sens.

Essai Ford Pumat ST 200ch BV6 Green Mean Face arriere 2

Le constructeur Américain se montre très audacieux ces derniers temps et prend des risques. Après avoir transformé une icône en SUV électrique avec la Mustang Mach E, ressuscité un modèle avec le Bronco, lancé l’explorer, un SUV taille XXL en Europe, Ford pousse encore plus loin en proposant le premier SUV citadin avec des chevaux sous le capot. La prise de risque est minime étant donné que le Puma ST reprend une bonne partie de la Fiesta ST mais compte tenu de ses qualités globales, on ne peut que lui souhaiter de transformer un tel essai. Bref, on adhère.

Article et crédit photos : Fabien LEGRAND

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