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Essai Suzuki Swace : l’attaque des clones

Après avoir essayé le Suzuki Across qui est un Toyota RAV4 rebadgé, il nous fallait tester le deuxième clone de la marque Suzuki. On parle cette fois-ci du Suzuki Swace dont lles similitudes face à l’originale sont encore plus poussées que celles du SUV hybride rechargeable. Quel est l’intérêt de son existence outre des tarifs plus bas que l’homologue japonais ? L’appétit d’oiseau qui fait la réputation de cette hybridation Toyota se constate-t-elle sur notre itinéraire breton mêlant différents types de routes ?

Copie presque parfaite avec un avantage Suzuki

Au volant de cette quasi copie de la Toyota Corolla Touring Sports, on remarque celle-ci intrigue piétons comme conducteurs). Pourquoi ce terme ? La plupart ont sans doute cru voir une Toyota Corolla débouler sur la route mais y regardant de plus près, ils se sont aperçus que c’était un petit truc clochait.

Pourtant, là où le SUV adopte un dessin légèrement différent sur sa face avant, cette Swace pousse la copie à son paroxysme. Les projecteurs et la face avant sont légèrement travaillés mais restent dans un style très proche de son homologue japonais. Sur l’arrière, seul le logo permet de différencier les deux clones. Et on peut comprendre aussi le choix de Suzuki avec ce genre de procédés : pas besoin de réhomologuer sa Swace. En effet, en changeant très peu les traits du Suzuki Swace, la marque s’épargne les frais d’une homologation spécifique et réduit les coûts de fabrication et de design.

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Outre ces menues différences, les possibilités de personnalisation de la Toyota Corolla (comme le coloris bi-ton ou encore le choix de différentes jantes) ne sont pas au menu de cette Suzuki Swace. La marque a préféré miser sur un choix tres restreint et ainsi réduire (encore plus) les coûts. Néanmoins, vous avez le droit entre 7 teintes de carrosserie comme la Brown Phantom de notre modèle d’essai qui lui sied plutôt bien. Et vous ne pouvez choisir que des jantes en alliage de 16 pouces.

Aucun changement pour l’intérieur

Lorsque l’on ouvre les portes de cette Swace, on remarque tout de suite que la présentation est identique à celle de la Toyota Corolla. Une seule exception est faite avec le changement de logo sur le volant. L’intérieur de bonne facture reste tout de même un peu trop austère. Mais notons que la qualité de fabrication et des matériaux se montre plutôt flatteuse. Les plastiques moussés sur le haut de la planche de bord montrent un aspect qualitatif mais on aurait aimé que ceux-ci se retrouvent sur la partie basse. On retrouve donc sans aucune surprise les mêmes défauts qu’à l’intérieur d’une Corolla Touring Sport.

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L’ergonomie se montre bien pensée et classique. Malgré sa position haute, le combiné central impose de quitter les yeux de la route pour l’utiliser. Cependant, la concurrence ne fait pas beaucoup mieux. L’utilisation de l’écran est correcte mais le graphisme se montre un peu en retrait. Encore une fois, Suzuki doit faire avec en reprenant le combiné de Toyota. Un reproche déjà noté sur les modèles de la marque japonaise.

En ce qui concerne les sièges avant, même s’ils se révèlent assez confortables, l’assise se montre un peu trop relevée au niveau des jambes. Cela peut se montrer légèrement désagréable sur de longs trajets sur autoroute. Malgré cela, la position de conduite assez basse est plutôt confortable.

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A l’arrière, bien que l’espace aux jambes se montre assez généreux, l’espace aux coudes et la garde au toit peuvent être limités pour trois personnes. Ce qui est malgré tout acceptable sur une compacte. Le coffre affiche une capacité de 596 litres en configuration 5 places, avec notamment l’adoption de bacs sur les côtés et d’un double plancher. Le volume culmine à plus de 1 600 litres lorsque l’on rabat la banquette arrière avec, en bonus, un plancher plat.

Un équipement high-tech optimisé

Afin de ne pas se compliquer l’esprit, la Suzuki Swace ne propose que deux niveaux de finition. Le but de cette démarche est simple : permettre au client de ne pas chercher pendant des heures dans une liste d’équipements où il pourrait vite se perdre. Il n’y a d’ailleurs qu’une seule option disponible : la peinture métallisée facturée 700 euros.

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Mais pas d’inquiétude, la marque Suzuki a bien optimisé ses choix et même l’entrée de gamme dénommée Privilège est largement dotée. Facturée 29 550 euros, cette finition embarque déjà les feux Full LED, le démarrage sans clé, la caméra de recul ou encore la comptabilité Android Auto et Apple CarPlay. Sans compter les différents équipements de sécurité comme le régulateur de vitesse adaptatif, l’aide active au maintien dans la file et même le freinage automatique avec détection des piétons et cyclistes. Et la liste est encore bien longue.

Et si vous en voulez plus, en rajoutant 1 500 euros, la finition haut de gamme Pack inclut les projecteur bi-LED, le détecteur d’angle mort, l’ouverture des portes sans clé, les capteurs de stationnement avant et arrière, le chargeur de téléphone par induction, l’alerte de trafic en marche arrière et l’aide active au parking en créneau ou en bataille. Il n’y a pas à rougir, la liste des équipement de cette Swace est très fournie.

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Cependant, bien que la dotation soit complète, un équipement manque à l’appel : un système de navigation. On utilise de plus en plus des applications sur smartphone comme Waze et c’est suffisant puisque le modèle d’entrée de gamme est compatible avec Android Auto et Apple CarPlay. Mais tout le monde n’a pas forcément tout le temps son smartphone dans la poche et l’absence de navigation embarquée peut être problématique pour certains. C’est en tout cas un choix assumé par Suzuki (nous l’avions déjà vu sur l’Across) mais espérons que cela ne leur porte pas préjudice.

Toujours cette sensation de moulinette…

Alors que son homologue japonais dispose de deux motorisations de 122 et 184 chevaux, la Suzuki Swace doit se contenter du moteur le moins puissant. Dans un souci d’économie, Suzuki préfère se diriger vers une motorisation unique. Le moteur thermique est un 4 cylindres à cycle Atkinson de 98 chevaux et 182 Nm de couple. Pour le seconder, un moteur électrique de 53 kW, soit 72 chevaux, prend place dans le compartiment moteur. Alimenté par une batterie de 1,3 kWh de capacité, il permet à cette Swace de parcourir environ 2 km en 100% électrique. C’est évidemment très faible, mais cela reste particulièrement efficace pour réduire la consommation du moteur thermique

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Démarrant toujours en 100% électrique, la Swace se réveille dans un silence parfait. Puis le moteur thermique se lance de façon discrète. Si vous avez le pied assez léger, vous n’aurez même pas l’impression que le moteur thermique a démarré. Cependant, si vous avez besoin de puissance ou le pied un peu lourd, la transmission à trains épicycloïdaux génère, comme toujours, un bruit assez désagréable. On a toujours cette sensation de moulinette sans fin. Et sur autoroute, cela devient assez vite fatigant.

Côté consommation, l’appétit d’oiseau se confirme. Annoncée entre 4,5 et 5,1 litres aux 100 kms en cycle WLTP, la consommation tourne en réalité, sur différentes types de routes, autour de 6 litres aux 100 kms. C’est plutôt bien sachant que 60% de notre trajet s’est fait sur autoroute. Et en ville et sur nationale, on peut même descendre à 5,3 litres aux 100 kms. Aussi bien qu’un moteur diesel.

Un voyage presque zen

Ssi vous souhaitez un châssis pointu, il faudra passer votre chemin. En effet, comme la Toyota Corolla, cette Suzuki Swace privilégie le confort. Les suspensions se montrent très confortables et les jantes en 16 pouces participent à cet agrément. Même si son châssis reste très sûr et neutre, il manque un peu d’agilité et de ressenti en entrée de virage. On a l’impression d’un effet un peu pataud et on aurait aimé un peu plus de mordant.

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On peut remercier la motorisation électrique pour les relances qui se montrent suffisantes. Mais ne vous attendez pas à un foudre de guerre, ce n’est pas le maître-mot. Le freinage se révèle efficace même s’il demande un peu de compréhension au début. En effet, comme sur tout véhicule hybride, le début de la pédale sert à la récupération de l’énergie. Du coup, pour profiter pleinement du “vrai” système de freinage, il ne faut pas hésiter à appuyer franchement sur la pédale. Une habitude que l’on prend assez vite.

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Pour résumer ce chapitre, on retiendra que la Suzuki Swace adopte globalement un comportement plutôt orienté sur le confort. Cependant, à partir de 110 km/h, on entend des sifflements aérodynamiques qui se situent au niveau des barres de toit. Sans parler de quelques bruits de roulement à vitesse stabilisée. C’est un peu dommage pour un véhicule privilégiant la zénitude…

Un concurrence mesurée

Bien entendu, sa rivale toute désignée est la Toyota Corolla Touring Sports. Difficile de les différencier sur les prestations dynamiques mais la Toyota bénéficie de deux motorisations, de plusieurs finitions et jouit d’une aura plus importante et d’un réseau plus conséquent.

Outre son clone, on peut aussi la mesurer face à la Hyundai Ioniq Hybrid. Légèrement plus puissante avec ses 141 chevaux, elle bénéficie d’une technologie comparable. Cependant, avec sa transmission à double embrayage la rendant plus efficace, elle enfonce le clou face à la Suzuki Swace. Son tarif se situe entre 28 000 euros et 34 000 euros, ce qui la place dans la même fourchette de prix que la Suzuki. Mais avec sa silhouette de compacte 5 portes, elle n’offre pas le même agrément pour le coffre à bagages.

Le choix de la raison ?

Profitant du savoir-faire de Toyota, cette Suzuki Swace reste un très bon parti. Avec son comportement dynamique est orienté sur le monde du confort, on préférera l’utiliser en conduite coulée. Un vrai argument de poids pour tous ceux qui privilégient la douceur de conduite d’un véhicule, notamment sur de longs trajets.

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De plus, son système hybride très bien conçu offre des prestations remarquables sur le plan de la consommation. Un vrai choix de la raison au moment de signer le chèque pour ceux qui recherchent un break compact peu gourmand. Il vous faudra débourser 31 050 euros pour cette version haut de gamme Pack. Alors, tenté ?

Texte/Crédits photos : Christian CONDÉ/Le Nouvel Automobiliste

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