essai renault megane e-tech hybride

Essai Renault Mégane Estate E-Tech : l’hybridation au service du confort

Passage de plus en plus obligé pour tous les constructeurs, l’hybridation s’installe petit à petit dans la gamme du constructeur au losange. Les Captur et Mégane Estate sont les premiers à embarquer la technologie E-Tech rechargeable de Renault. Vraie hybridation efficiente ou simple formalité pour rester dans la course aux émissions de CO2 ? Après plus de 650 km au volant, voyons ce que la Renault Mégane Estate E-Tech Plug-in hybride offre à ses utilisateurs.

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Renault Mégane E-Tech : l’évolution sans révolution

Pas question de révolutionner le style. On retrouve ici la Mégane restylée qui se distingue à l’extérieur notamment par ses nouveaux feux arrière, tandis que la calandre avant se renouvelle avec de nouveaux motifs chromés. Le changement est plus notable à l’intérieur. L’habitacle se modernise en accueillant un nouvel écran multimédia EasyLink de 9,3 pouces ainsi qu’un compteur numérique et des commandes de climatisation plus élégantes. S’il y a encore des détails qui peuvent fâcher certains, la qualité perçue affiche un bond en avant bienvenu.

A noter que notre version d’essai est en finition R.S. Line, ce qui nous vaut la présence de part et d’autre de détails stylistiques à cette effigie, mais surtout de sièges enveloppants et d’une sellerie spécifique. La voiture étant loin d’être une sportive, on peut toujours s’interroger sur l’utilité de ce genre de finitions. Mais on pourra retenir que les sièges offrent un meilleur maintien, quand d’autres s’y trouveront trop engoncés. 

C’est une fois installé que l’on apprécie réellement l’ergonomie à bord. Néanmoins ne cherchez pas le réglage de l’affichage tête haute – facturé 400 € en option – le manuel d’utilisation nous précise que l’ajustement se fait en… modifiant la position de son siège. Confort et sécurité de position de conduite ou visibilité des informations sur l’affichage tête-haute, c’est à vous de choisir. Ceci-dit, le tableau de bord numérique est particulièrement clair et agréable à regarder. C’est épuré et on y trouve facilement les informations nécessaires, tout en pouvant modifier certaines apparences grâce aux boutons sur le volant.

La plus grande évolution est presque invisible puisqu’elle concerne la nouvelle motorisation hybride rechargeable appelée comme le reste des GMP Renault électrifiés E-Tech. Elle est le fruit d’une recette maison réalisée en collaboration avec Nissan. On retrouve un moteur essence de 91 ch à 5600 tr/min associé à une motorisation électrique de 66 ch et un alterna-démarreur de 31 ch. Le tout permet de cumuler 160 ch et 140 Nm de couple gérés par une boîte de vitesses à crabots, sans embrayage, pilotée à quatre rapports.

Pour les amateurs de chiffres et de technique, notons également que cette Mégane Estate E-Tech Plug-in hybride embarque une batterie lithium-ion LG 400V de 9,8 kWh (dont 7,5 kWh utiles) offrant une autonomie annoncée de 50 km en cycle mixte WLTP, et jusqu’à 65 km en ville. Elle n’entrave pas le volume habitable pour les occupants arrière, mais le coffre perd tout de même 74 litres sous le plancher pour notamment accueillir la prise de recharge. La batterie a par ailleurs une puissance de recharge maximum de 3,7 kW en courant alternatif, ce qui octroie une recharge en 2h30/3h. Sur une prise domestique classique de 2,3 kW, la même opération demandera 5-6h. Il n’y a donc rien de très contraignant au quotidien pour qui peut tous les jours brancher sa voiture au travail et/ou à la maison.

Mégane E-Tech : à chaque vie son mode

C’est d’ailleurs en tout électrique que les premiers tours de roues s’effectuent après un démarrage en silence. Calme et douceur accompagnent maintenant les trajets urbains en Mégane. Plusieurs modes de conduite sont disponibles et c’est en Pure que le véhicule s’élance en 100 % électrique. C’est aussi dans ce cocon  silencieux que les moindres bruits atteignent nos oreilles, comme parfois quelques grincements de la console centrale. En parlant d’ouïe, le système audio Bose à 700 € est correct et à l’aise dans les basses tonalités mais on regrette tout de même un son très orienté tout à l’avant du véhicule.

Pour une conduite plus dynamique, le mode Sport rend la voiture plus vive avec des réactions plus franches et rapides. Pas de quoi être impressionné, mais la voiture se raffermit et propose un supplément de mordant pour se sortir de certaines positions en toute sécurité.

Au passage, l’affichage du tableau de bord évolue en fonction des modes et c’est également l’occasion de visualiser comment est distribuée l’énergie entre la batterie, le moteur électrique et le moteur thermique grâce à des animations fléchées. C’est clair, précis et pratique pour bien comprendre comment fonctionne la voiture en fonction des situations routières. C’est d’ailleurs d’autant plus utile qu’il n’y paraît puisque le passage de l’électrique au thermique – et inversement – n’est pas toujours facilement détectable à l’oreille. Néanmoins, si on laisse la voiture gérer seule la gestion des énergies, cela peut vite devenir désagréable où l’intervention du moteur thermique en ville se montre peu agréable avec notamment des vibrations au niveau du pédalier. Sur route extra-urbaine, rien à redire, les transitions sont fluides et confortables. En toutes situations, la Mégane Estate E-Tech Plug-in Hybrid est d’ailleurs particulièrement confortable. L’amortissement est précisément réglé pour un surprenant confort de tous les instants. Il faut reconnaître que les voitures à ce niveau de confort sont rares, et encore plus à ce niveau de gamme et de segment.

Le dernier mode My Sense est régulièrement utilisé puisqu’il garde les réglages hybrides standards du véhicule, tout en offrant la possibilité de régler manuellement la direction, le confort, l’ambiance lumineuse, etc. Il y a également le bouton E-Save qui permet d’utiliser le moteur thermique pour recharger la batterie du moteur électrique. Par contre, il ne semble pas possible d’utiliser uniquement le moteur thermique et de demander la recharge de la batterie grâce à ce même moteur pour recharger rapidement la batterie. Trop gourmand en consommation d’essence ?

Mégane E-Tech : batterie et consommation

La gestion de la charge de la batterie apparaît problématique dans certaines circonstances, sans intervention du conducteur. En effet, le véhicule a tendance à utiliser au maximum la motorisation électrique pour économiser de l’essence, même sur voie rapide. Problème : après une cinquantaine de kilomètres la batterie n’est plus suffisamment chargée et le moteur thermique prend le relais. Sauf que la consommation de sans-plomb grimpe alors en flèche, d’autant plus quand le moteur entraîne les roues mais recharge aussi la batterie en même temps. Le seul et efficace contre pied est de gérer manuellement l’utilisation du moteur thermique et électrique en fonction de sa vitesse et des situations. Mais c’est dommage de devoir se contraindre à gérer l’hybridation en plus de la conduite pour ne pas tomber très rapidement en rade de batterie.

Cependant, notons tout de même que la batterie n’est jamais complètement déchargée. Elle garde toujours un niveau minimum de charge pour a minima aider de temps en temps le moteur thermique.

Enfin, précisons qu’il n’y a pas de réglage de la puissance du freinage régénératif. Mais pas d’inquiétude il est particulièrement bien dosé : ni trop brusque pour le confort, ni trop faible pour l’efficacité. 

L’ordinateur de bord relève une consommation de 5,2 litres/100 km (5,7 litres/100 km en consommation réelle) et 11,2 kWh/100 km sur 650 km d’essais. C’est respectable mais évidemment loin des chiffres théoriques annoncées par la marque au losange. Ces performances sont néanmoins à mettre en relief avec le type de trajets puisque 70 % du test a été réalisé sur autoroute et voies rapides, là où l’électrique n’intervient que très peu. C’est même là-aussi que l’on doit “se battre” pour ne pas faire exploser la consommation de carburant avec le seul moteur thermique quand la batterie est déchargée. Sur autoroute, à 110-130 km/h, on oscille facilement entre 7,5 et 8,5 litres/100 km. C’est le revers de la médaille d’une consommation d’énergie fossile quasiment nulle en ville, où l’on tient facilement 1,5 litre/100 km grâce au moteur électrique qui carbure à 16-17 kWh/100 km..

Dans la même lignée, on peut reprocher l’imprécision de l’autonomie générale annoncée au tableau de bord, dont le calcul de l’autonomie de batterie restante qui est souvent bien plus faible que la réalité. A vrai dire, il vaut d’ailleurs presque mieux ne jamais se fier à ce qui est affiché.

Renault Mégane Estate E-Tech : le confort a un prix

Globalement, avec de tels résultats de consommation, il apparaît difficile de rentabiliser l’inévitable surcoût de la motorisation hybride. L’agrément de confort, de son côté, est indéniable mais la Mégane Estate E-Tech Plug-in Hybride 160 démarre tout de même à 39 500 € en finition Intens. Notre version d’essai optionnée atteint près de 45 000 € hors bonus de 2000 € – bonus qui passera à 1000 € en juillet 2021. Sans le bonus écologique, c’est quoi qu’il en soit 7600 € de plus qu’une version thermique TCe 140.

Ce n’est pas donné mais cela peut encore se défendre face à une Octavia Combi Style PHEV 204 ch avoisinant les 41 000 €, mais on attend surtout la Peugeot 308 SW PHEV qui devrait arriver en fin d’année. D’ici là, les plus impatients ont déjà une proposition sérieuse avec cette Mégane hybride.

Comme beaucoup d’hybrides, on regretterait presque que les performances ne soient pas plus impressionnantes. La Mégane est réellement une voiture excellente, y compris dans sa gestion de l’hybridation, mais finalement la réduction de consommation d’essence n’est pas très impressionnante à comparer d’une simple motorisation thermique. Au vu de l’important surcoût de l’hybridation sur ce modèle, cela laisse à réfléchir sur la pertinence d’un tel “investissement” pour un particulier. Et finalement, pour le même tarif, pourquoi ne pas bénéficier de tous les conforts d’une voiture électrique au quotidien et louer un véhicule thermique/hybride pour les rares longs trajets ? En somme, à ce tarif peut-être est-ce plutôt une voiture de société pour bénéficier de tous les avantages fiscaux d’une voiture hybride ? Le budget de chacun répondra probablement à la question mais, au-delà de ce côté pécunier, la Renault Mégane Estate E-Tech Plug-in reste avant tout un break hybride rechargeable remarquable. 

Crédits : Romuald Terranova – Le Nouvel Automobiliste

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