Site icon Le Nouvel Automobiliste

Essai Nissan Qashqai III Tekna 140ch : Bon corps, mauvais coeur

Nissan Qashqai

Encore (et toujours) un SUV. Oui, mais pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de celui par qui tout est arrivé : le Qashqai. Sorti en 2007, celui-ci devient un succès commercial avec 3 millions d’unités vendues dont 330 000 en France. Mais aujourd’hui, face à une concurrence toujours plus accrue et débordante, le prospect n’a que l’embarras du choix. Après une découverte statistique sur Twitch, nous prenons enfin le volant de cette 3ème génération du Nissan Qashqai. Que vaut-elle dans sa motorisation Mildhybrid 140ch ?

Un style qui tranche

Ce nouveau Qashqai ne vient pas les mains vides. Celui-ci inaugure au passage une nouvelle plateforme CMF-C qui sera également utilisée pour le prochain Renault Kadjar, lui permettant de perdre 60kg par rapport à la génération précédente.

Le design étant le principal critère d’achat, les équipes de style du constructeur Japonais l’ont bien compris. Et à cet effet, cette nouvelle mouture arbore une silhouette athlétique, calquée sur celle de son petit frère le Juke. On y retrouve cette nouvelle signature lumineuse en boomerang, une immense calandre en V au milieu de laquelle trône fièrement le logo de la marque ainsi que des arrêtes de chaque côté de la calandre.

De profil, il fait bien plus élancé que son prédécesseur, notamment avec cette ligne continue partant du capot pour remonter jusqu’aux feux arrières. Ces derniers sont d’ailleurs également encadrés par des arrêtes mais ne succombent pas à la mode des feux reliés entre eux.

L’ensemble est agréable à regarder avec cette teinte bleu magnétique de lancement, tandis que le gris mat de notre modèle d’essai, le rend plus quelconque. Qu’importe, le Qashqai a d’autres atouts dans sa manche, à commencer par un intérieur revu et bénéficiant d’une meilleure insonorisation.

Le SUV Japonais mise également sur ses aspects pratiques avec un accès facile aux places arrières (grâce à une ouverture de 85° des portes arrière) ainsi qu’un bon espace à bord, y compris pour les grands gabarits. Cela ne saute pas aux yeux mais une fois installé à l’arrière, mon mètre 81 à pu se caler sans difficulté. Voyez toutefois le Qashqai comme une 4 places, celle du milieu n’étant là que pour dépanner.

Mais le nerf de la guerre chez les SUV, c’est le volume de coffre et à ce petit jeu, le Qashqai propose 504 l ainsi qu’un plancher plat une fois les sièges rabattus. Malheureusement cela reste en deçà des 520 l d’un Peugeot 3008 ou des 546 l d’un Hyundai Tucson.

Alors le nouveau Nissan va compenser en se mettant également à la page côté équipements : compteurs digitaux, écran tactile de 12,3 pouces, conduite autonome de niveau 2 « Propilot » mais aussi du Wifi embarqué et d’un immense affichage tête haute de 10,8 pouces.

Lorsque l’on voit les efforts faits par les concurrents généralistes en terme de qualité perçue, Nissan en fait de même pour son Qashqai. Le nouvel intérieur est sobre, bien agencé et dispose d’une bonne qualité de matériaux même si le ressenti est légèrement moins bon que sur un 3008 ou un Tucson.

Mais trêve de bavardages, il est maintenant temps de voir si des progrès ont également été effectué.

Sur la route : du bon et du moins bon

Pour ce lancement, la marque Japonaise joue la carte de la sérénité en ne proposant que 2 motorisations mild-hybrid 12V de 140 et 158ch, développant respectivement 240Nm et 270Nm de couple.

Les « véritables » motorisations hybrides E-Power suivront en 2022 et pourraient inquiéter ses concurrents. En effet, elles devraient reprendre le bloc moteur hérité de la Leaf (revu pour l’occasion) et alimenté par une batterie à la capacité encore inconnue. Cette dernière devrait être rechargée uniquement par le 1,5 litre essence de 158 ch.

Pour cette prise en main, nous optons pour le 140ch associé à une boîte manuelle 6 rapports. Nissan nous a promis avoir retravaillé la rigidité du châssis de son best-seller et il n’a pas menti. Même si notre version d’essai n’est pas équipé d’un train arrière à multi-bras (réservé à la motorisation 158ch), les premiers kilomètres montrent un Qashqai plutôt agile. Une bonne surprise associée à une direction qui se montre précise et remonte bien les informations de la route.

Avec un châssis plus rigide (et en l’absence de suspensions pilotées), le confort se montre un peu ferme et n’est pas aidé par les jantes 19 pouces de série sur notre modèle d’essai. Les sièges se montrent toutefois moelleux et avec un bon maintient permettant de compenser. Mais si ces éléments nous séduisent, l’appréciation globale pâtit d’une boîte 6 rapports floue et d’une motorisation asthmatique.

Rien de gratuit dans tout cela mais dès les premières accélérations, on en vient à se demander si tout va bien. En effet, ce 4 cylindres ne montre aucun punch en-dessous de 2000 tours/minutes y compris lorsque l’on enfonce plus la pédale d’accélération et malgré les 240 Nm annoncés. Une fois passé ce cap, celui-ci se manifeste avec une sonorité sympathique et montre qu’il peut encaisser la montée dans les tours.

Mais sur une conduite urbaine, cela se montre assez pénalisant, notamment lors des arrêts / reprises à un cédez le passage comme sur rond-point, tant le moteur peine à monter de nouveau en puissance. Par rapport à d’autres concurrents (au hasard, un PureTech ou un Ecoboost), il n’y a pas photo.

Etonnamment, ce problème se retrouve lissé si l’on opte pour le mode Sport (parmi Eco et Standard). La direction étant déjà ferme, celui va surtout modifier la réponse à l’accélération et le Qashqai aura alors un comportement plus attendu, au prix d’une consommation plus élevée. Sur les 2 autres modes, nous avons relevé une moyenne de 8.1l/100 sur des parcours mixant ville, départementales et autoroute.

Quant à la boite 6 rapports, son positionnement est trop éloigné de l’accoudoir et contraint à aller chercher fréquemment le levier. Mais le principal grief est de ne pas indiquer au conducteur quel rapport est engagé et on se retrouve à se tromper fréquemment.

L’atout du Qashqai

Ne vous méprenez pas, le Qashqai fait d’énormes progrès par rapport à son prédécesseur et revient dans la course. Mais là où un 3008 et un Tuscon vont jouer sur le style ET l’ambiance intérieure, le SUV de Nissan va également soigner son offre. Ce dernier va jouer sur les équipements de série tels que le franchissement de lignes, l’alerte d’angles morts et freinage anti collision à l’arrière, disponibles dès le 1er niveau de finition.

D’ailleurs son atout principal réside dans un bon positionnement tarifaire, avec en moyenne plus de 1000 euros en faveur du Japonais, par rapport à une Peugeot 3008. Il reste toutefois au coude à coude sur les 1ères finitions, avec le Hyundai Tucson tandis que le Coréen se montre plus cher sur les plus hautes finitions.

MotorisationFinitionPrix TTC



Mild Hybrid 140 ch


VISIA28 990 €

ACENTA31 490 €

BUSINESS EDITION31 790 €

N-CONNECTA33 490 €

TEKNA35 790 €

PREMIERE EDITION36 240 €
Mild Hybrid 158 ch Xtronic


ACENTA34 590 €

BUSINESS EDITION34 890 €

N-CONNECTA36 590 €

TEKNA38 890 €

PREMIERE EDITION39 340 €

TEKNA+41 890 €
Mild Hybrid 158 ch Xtronic Intelligent 4X4


N-CONNECTA38 490 €

TEKNA40 790 €

TEKNA+43 790 €
QASHQAI Visia

– Freinage d’urgence intelligent avec détection piétons et cyclistes –y compris aux intersections
– Freinage d’urgence anticollision en marche arrière
– Système d’alerte prédictif anticollision frontale et alerte anticollision en marche arrière
– Prévention de franchissement de ligne intelligent et système de surveillance des angles morts intelligent
– Feux arrière LED, phares LED, allumage intelligent
– Régulateur de vitesse intelligent
– Antenne aileron de requin
– Système de démarrage sans clé
– Radars de stationnement arrière
– Climatisation manuelle
QASHQAI Acenta
Le second niveau de finition regroupe notamment, outre les équipements de la finition Visia :
– Ecran tactile central 8”
– Connectivité Apple Carplay® / Android Auto®
– Caméra de recul
– Climatisation automatique bi-zone
– Jantes alliage 17”
– Détecteur de pluie avec essuie-glaces à déclenchement automatique
QASHQAI N-Connecta
– Combiné d’instrumentation numérique 12,3”
– Système de navigation NissanConnect avec écran central 9”
– Apple Carplay® sans fil
– Services télématiques NissanConnect Services
– Nissan AVM – Vision intelligente à 360° à quatre caméras
– Jantes alliage 18”
QASHQAI Tekna
– Affichage tête haute avec projection sur le pare-brise 10,8”
– ProPILOT avec Navi-Link sur Xtronic / Drive Assist sur BVM
– Feux de route intelligents (matriciels) à 12 faisceaux indépendants
– Hayon électrique avec ouverture mains libres
– Chargeur à induction 15W
QASHQAI Tekna+

– Sellerie cuir matelassé Nappa
– Sièges avant chauffants / fonction mémoire / fonction massage
– Système audio Premium Bose® 10 haut-parleurs
– Toit panoramique en verre et rails de toit longitudinaux
Série spéciale QASHQAI Première Edition

Série spéciale de lancement proposant du bi-ton et toutes les technologies de confort et de sécurité disponibles.

Cette 3ème génération de Qashqai lui permet aisément de tirer un trait sur la génération précédente et de revenir dans la course. Avec un positionnement tarifaire et une gamme travaillée, en plus d’un design et de nombreux équipements, il a de sérieux atouts face à une concurrence très rude. Mais reste à revoir la motorisation d’entrée de gamme qui souffre d’une certaine mollesse pouvant impacter la conduite urbaine et finir par lui jouer des tours.

Article et Crédit Photos Fabien LEGRAND

Quitter la version mobile